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Mauritanie : le projet « Aftout Essahli » à Nouakchott améliore l’accès à l’eau potable et offre de nouvelles perspectives

Un coup d’œil dans le four, un petit réglage du feu, Alune Mbodj contemple ses baguettes de pain en train de dorer. « Ce métier me plaît », lance-t-il en se retournant. « Avant de venir ici, je travaillais dans un village qui s’appelle Naima. C’est très dur de faire du pain là-bas parce qu’il n’y a pas d’électricité. Et ce n’est pas non plus facile de trouver de l’eau », soupire le boulanger trentenaire. « À Naima, il y a un forage mais on est obligé d’aller prendre l’eau dans 10 à 15 bidons que l’on doit ramener à la boulangerie pour pouvoir travailler ». Afin de poursuivre son activité, Alune a décidé de s’installer à Tarhil, un nouveau quartier de Nouakchott, la capitale mauritanienne.

Plus de dix ans en arrière, l’accès à l’eau courante manquait à Tarhil. Le projet « Aftout Essahli » a apporté une solution à ce problème ces dernières années. Financé à hauteur d’environ 41 millions de dollars américains par le Fonds africain de développement (FAD), le projet a amélioré l’alimentation en eau portable de la capitale et garantit ses besoins en eau jusqu’en 2030. Au-delà de Nouakchott, le projet dessert également les populations rurales des localités traversées par le conduit de l’adduction d’eau à partir du fleuve Sénégal.

« L’eau manquait dans les quartiers périphériques, en particulier dans le nouveau quartier Tarhil qui ne disposait d’aucun raccordement. Avant, le quartier était alimenté par des citernes et un nombre important de bornes fontaines », se rappelle Mahfoud Bavall, ancien coordinateur du projet « Aftout Essahli ». Aujourd’hui, des milliers de foyers ont un accès direct à l’eau potable, précise-t-il avec satisfaction.

Près d’un million d’habitants de Nouakchott et sa banlieue ont désormais accès à l’eau potable en qualité et en quantité suffisantes. Leur quotidien en est métamorphosé.  Pour Alune, le boulanger, « aujourd’hui, c’est plus facile de faire du pain ici. Pour trouver de l’eau, ce n’est pas difficile. À l’intérieur de la boulangerie, on a maintenant des robinets. C’est bien plus facile que là où je travaillais avant. »

Selon Tata Wadade, une habitante du quartier Tarhil, « tout le monde en convient : le quartier s’est développé avec l’arrivée de l’eau car les maladies étaient liées, pour la plupart d’entre elles, à la mauvaise qualité de l’eau des puits. » Malick Blafir, un pharmacien qui habite dans le quartier, constate que l’eau potable a fait disparaître les maladies hydriques : « On voit clairement que les choses ont changé. Nous n’avons plus de cas de maladies hydriques récurrentes. C’est ce qu’il nous fallait », acquiesce-t-il, saluant la baisse de la prévalence de ces maladies et des dépenses de santé liées.

« Quand on a accès à l’eau potable, on peut tout faire, et de nombreuses opportunités se présentent », affirme Lagdaf Ould Ahmed, habitant de Tarhil.  L’accès à l’eau potable a ainsi favorisé le développement économique et social à Nouackhott. De nouveaux investisseurs affluent, notamment dans le bâtiment et les travaux publics. « L’accès à l’eau potable est une bénédiction, témoigne Mohammed Abderrahmane, cimentier installé dans le quartier, dont l’activité a progressé grâce à cela. Avant, les gens ne pouvaient tout simplement pas construire. »

Sans eau, pas de développement possible. En contribuant à améliorer la qualité de vie des populations en Mauritanie par l’approvisionnement en eau potable, la Banque africaine de développement favorise les conditions d’un développement durable et partagé.

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